31 JanPilule : quels sont vraiment les risques ?

La pilule contraceptive

La pilule contraceptive
© Tijmen Van Dobbenburgh

Si le scandale des pilules de 3e et 4e génération a dévoilé au grand jour les risques veineux et artériels associés à ces contraceptifs, la pilule en recèlerait bien d’autres encore plus pervers. Mais cette vérité qui dérange est passée sous silence depuis plus de 50 ans…

La pilule est cancérigène 

Le risque zéro n’existe pas. Mais si la pilule a indéniablement joué un rôle majeur dans la libération sexuelle des femmes, connaissent-elles vraiment le prix à payer pour cette liberté ?

Rappelons tout d’abord le fonctionnement de la pilule contraceptive. Son efficacité repose sur des hormones artificielles (œstrogène et/ou progestérone)  qui bloquent l’ovulation. Mais ces doses hormonales s’avèrent 20 à 50 fois supérieures à celles fabriquées en temps normal par les ovaires comme le signale le professeur Henri Joyeux dans La Pilule contraceptive : dangers et alternatives (éditions du Rocher, 2013). Ce qui perturbe bien évidemment le cycle hormonal naturel du corps.

À ce titre, la surexposition aux œstrogènes et à la progestérone engendrée par la pilule, la contraception hormonale et les traitements hormonaux de la ménopause ou THS (traitements hormonaux substitutifs) n’est pas sans risques. « Avant la ménopause, l’organisme féminin et les seins en particulier sont habitués à recevoir par les ovaires de fortes doses d’hormones et la pilule dépasse évidemment les doses physiologiques. Après la ménopause, ou à l’approche de celle-ci, les ovaires fabriquent beaucoup moins d’hormones et les seins ne sont donc pas habitués à recevoir des surplus hormonaux. On comprend alors facilement qu’après la ménopause 3 à 5 ans de prises hormonales suffisent à créer un cancer du sein alors qu’avant la ménopause, il faut 10 à 20 années… d’où l’apparition de cancers du sein dès 25 ou 30 ans comme nous le voyons aujourd’hui sans qu’il s’agisse d’une cause génétique quand la jeune fille consomme la pilule – comme le souhaitent les laboratoires – dès 15 ans », déplore le cancérologue Henri Joyeux, professeur à la Faculté de médecine de Montpellier.

En effet, les hormones fabriquées par les ovaires sont des facteurs de croissance. La pilule contraceptive comme les THS apportent à l’organisme des doses hormonales dont il n’a pas besoin et jouent ainsi le rôle de facteurs de croissance dangereux comme le fait remarquer le Pr. Joyeux. Autrement dit, les contraceptifs hormonaux et les THS favorisent la multiplication des cellules normales ou cancéreuses du sein par exemple.

Les chiffres du cancer du sein sont édifiants : « En 1975, nous avions 7 000 nouveaux cas par an. Pour cette seule année 2013, 60 000 nouveaux cas ont déjà été recensés, chez des femmes de plus en plus jeunes qui plus est », observe le cancérologue. Le nombre de femmes atteintes d’un cancer du sein a connu une hausse de 138 % de 1980 à 2005, soit en seulement 25 ans ! En Occident tout du moins car au Japon par exemple, les femmes prennent très peu la pilule pour des raisons culturelles.

La pilule contraceptive comme les THS augmentent également le risque de développer des cancers de l’utérus et de l’ovaire qui sont hormono-dépendants comme le cancer du sein. Ce n’est pas un hasard si de plus en plus de femmes jeunes et de l’âge de la ménopause sont touchées.

Saviez-vous que les contraceptifs oraux ainsi que les hormones du THS sont, à ce titre, officiellement considérés comme des agents cancérigènes par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) ?

La pilule favorise le cancer du sein.

La pilule favorise le cancer du sein.
© Guillermo Ruiz

Quels sont les effets secondaires possibles de la pilule ?

  • rétention d’eau entraînant une prise de poids
  • gonflements douloureux des seins
  • hypercholestérolémie
  • hypertension artérielle
  • problèmes de peau : acné, peau grasse
  • baisse de la libido
  • maux de tête
  • kyste des ovaires
  • tumeurs bénignes du sein, du foie
  • candidose
  • anxiété, insomnies, réactions de panique, difficultés de concentration
  • allergies
  • accidents vasculaires cérébraux (AVC)
  • thrombo-embolies
  • dépression immunitaire chronique
  • hirsutisme, perte de cheveux
  • facilités à attraper des maladies ou infections sexuellement transmissibles (MST ou IST)
  • risques de cancers du sein, de l’utérus et de l’ovaire
  • dépression, autisme et troubles du comportement chez l’enfant dont la mère a pris la pilule
  • augmentation du stress oxydatif et des risques d’attraper des « maladies de civilisation » (cancer, obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires…) et même des maladies auto-immunes comme la sclérose en plaques et l’asthme.
La pilule a de nombreux effets secondaires.

La pilule a de nombreux effets secondaires.
© Matthew Boden

Pilule : quelles sont les alternatives ?

Attention : toute contraception hormonale présente les mêmes dangers pour la santé que la pilule. L’implant, le stérilet hormonal, les contraceptifs injectables, l’anneau vaginal ainsi que le patch ne sont en réalité que des pilules déguisées puisque leur action repose sur des hormones artificielles.

Que reste-t-il alors comme moyens de contraception ?

  • le préservatif masculin
  • le préservatif féminin
  • le stérilet au cuivre
  • le diaphragme
  • la cape cervicale
  • les spermicides et ovules contraceptifs dont la fiabilité reste incertaine
  • les méthodes naturelles : retrait, méthode Ogino (calendrier), méthode des températures, méthode Billings (test de la glaire cervicale – sécrétion du col de l’utérus -), méthode Persona (tests urinaires) et méthode sympto-thermique
  • la stérilisation définitive féminine (méthode Essure) et masculine (vasectomie).

Si les méthodes naturelles ont mauvaise réputation en raison de leur efficacité aléatoire, la méthode sympto-thermique ou « des indices combinés » tire clairement son épingle du jeu. Elle repose sur l’observation de différents signes corporels qui changent pendant le cycle (température, glaire cervicale…) afin de repérer la période de fécondité. Cette méthode s’avère très fiable à condition d’être bien comprise et appliquée : 0,4 % seulement de grossesses non désirées par an selon une étude allemande publiée dans la revue Human Reproduction en 2007. Les biotechnologies représentent d’ailleurs un outil précieux pour aider les femmes à se respecter en gérant leur fertilité de manière naturelle. Le Lady-Comp, par exemple, est un ordinateur de cycle facile à utiliser comprenant un réveil et un thermomètre.

Il ne s’agit pas de diaboliser la pilule, encore moins de l’arrêter brutalement mais d’informer les femmes pour qu’elles fassent un choix de contraception éclairé dont elles puissent prendre l’entière responsabilité en leur âme et conscience. Quitte à opter pour un autre moyen de contraception. En gardant à l’esprit qu’il est possible de prendre sans danger la normo-pilule pendant deux ans et la mini-pilule pendant cinq ans. Que la France est le pays dans le monde où la pilule contraceptive est la plus utilisée (60 %) et pourtant, c’est également celui d’Europe où l’on dénombre le plus d’IVG…

Une femme avertie en vaut cent.

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5 Responses to “Pilule : quels sont vraiment les risques ?”

  1. SIGAUD A.M. dit :

    Très bon article très utile pour un vrai choix du moyen de contraception à adopter.

  2. Elise dit :

    Très bon article sur les pilules. Très instructifs. merci beaucoup.

  3. Laura dit :

    Article très intéressant sur la contraception. Certaines pilules de part leurs ingrédients actifs peuvent en effet engendrer des agents cancérigènes mais avons-nous réellement aujourd’hui assez de recul. Au final la pilule est arrivée il y a relativement peu de temps. La meilleure contraception reste peut-être comme vous l’avez dit, le préservatif.

  4. Karine dit :

    Bravo, enfin un article objectif sur
    le lien pillule/cancer du sein. Pour
    ma part je m étonne que l on n est
    jamais utilisé le cas japonais comme
    référence. Les Japonaise ne sont que
    4% a prendre la pillule contre 60% de
    françaises. Or, d après les statistiques,
    l occurence du cancer du sein est de 16
    pour 100000 femmes au Japon contre 90
    pour 100000 en France! L’ évidence du lien
    est là. Et qu on me dise pas que ce sont
    les sushis qui protègent les japonaises car
    parmis les communautés japonaises immigrées
    les taux se rapprochent des records macabres
    des pays occidentaux. Autre élément à charge
    pour la pillule, les taux d occurence de cancer
    du sein sont les plus élevés aux Etats Unis et au
    Canada, pays qui ont été les premiers prescripteurs
    de la pillule(10 ans avant la France).

  5. Vivienne dit :

    Votre article était très utile pour moi. J’ai toujours peur des pilules et préfère les préservatifs, mais maintenant je peux changer d’avis. Article informatif, merci beaucoup.

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