15 AprLes secrets de notre ventre, ce cerveau qu’on ignore

Le ventre, notre deuxieme cerveau

Le ventre, notre deuxième cerveau
© Ambro / FreeDigitalPhotos.net

On a longtemps pensé en Occident que le cerveau régnait en maître sur notre corps. Pourtant, des découvertes récentes ont dévoilé que le ventre, cet organe intelligent doté de neurones, agirait en interaction avec le cerveau et qu’il pourrait même lui donner des ordres. Voyage au cœur même de nos entrailles.

Le ventre, un deuxième cerveau

Saviez-vous qu’il y a pratiquement autant de neurones dans votre ventre (200 millions) que dans le cerveau d’un chien ou d’un chat (160 millions) ? Rien d’étonnant pour Michael Gershon, président du département d’anatomie et  de biologie cellulaire de l’université de Columbia. En effet, la digestion est un processus assez complexe qui justifie la présence d’un grand nombre de neurones répartis dans le système digestif. Le cerveau (système nerveux central) a été délocalisé en partie dans l’intestin ou système nerveux entérique par l’évolution pour plus d’efficacité, pour éviter que le cerveau crânien ne grossisse trop et que les câbles neuronaux qui le relient à l’appareil digestif deviennent trop épais.

Le ventre, notre deuxième cerveau et le système nerveux central sont reliés très sommairement par le nerf vague. Au moins 80 % des fibres nerveuses du nerf vague sont à sens unique, de l’intestin vers le cerveau, ce qui signifie que le ventre envoie plus d’information à son cousin que l’inverse. L’appareil digestif dispose ainsi d’une grande autonomie par rapport au cerveau, ce qui sert l’évolution : en cas d’absorption d’une substance toxique par exemple, notre ventre doit être en mesure de réagir le plus rapidement possible pour déclencher des vomissements. « Contrairement au reste du système nerveux, le système entérique ne suit pas nécessairement les commandes qu’il reçoit du cerveau ou de la moelle épinière. Et il ne leur envoie pas forcément non plus les informations qu’il collecte. Le système nerveux entérique peut, quand il le choisit, gérer des données que ces récepteurs ont relevées par eux-mêmes, et agir sur la base de ces données pour activer un ensemble d’effecteurs qu’il est le seul à contrôler. Le système entérique n’est donc pas un esclave du système nerveux central, mais un opposant doté d’un esprit libre », souligne le professeur Gershon.

« Nos deux cerveaux, celui de notre tête et celui de notre ventre, doivent coopérer. Si ce n’est pas le cas, le chaos règne dans notre ventre et le malheur dans notre tête », rappelle Michael Gershon dans son ouvrage The Second Brain (Le deuxième cerveau) (éditions Harper Collins, 1999).

Notons également que c’est dans le ventre que réside la majeure partie de notre système immunitaire : la flore bactérienne. Les bactéries de la flore intestinale communiqueraient d’ailleurs avec le cerveau de plusieurs manières : en secrétant des substances passant dans le sang et pouvant atteindre le cerveau, en agissant au niveau des liaisons nerveuses entre l’intestin et le cerveau, en influençant les hormones intestinales qui passent dans le cerveau ou en interagissant avec le système immunitaire, comme l’explique le professeur Peter Holzer, neuro-gastro-entérologue à l’université de Graz en Autriche.

Le ventre, une fenêtre sur le cerveau

Cerveau et ventre utilisent le même langage : les neurotransmetteurs. L’intestin produit par exemple 95 % de la sérotonine, ce neurotransmetteur synonyme de bien-être pour le cerveau, qui rythme aussi le transit intestinal et régule le système immunitaire. Ne pas digérer une nouvelle, ressentir une peur viscérale, avoir l’estomac noué… Si nos émotions exercent une influence sur notre digestion, l’inverse s’avère également vrai comme l’ont récemment mis en lumière les chercheurs.

Le ventre donne forme à nos émotions par les neurotransmetteurs qu’il fabrique. Il peut ainsi créer de la dépression, du découragement, de l’impuissance mais aussi du plaisir et de l’enthousiasme. Le cerveau ne fait qu’enregistrer les émotions ressenties au niveau du ventre. Nous avons accès à une information d’ordre émotionnel que nous ressentons directement dans notre ventre avant même de disposer d’une explication rationnelle fournie par notre cerveau. Les problèmes du système digestif peuvent à ce titre refléter une émotion désagréable récurrente (anxiété, peur, tristesse, colère, découragement). Pour les taoïstes, il doit y avoir un équilibre entre la tête (raison) et le ventre (émotions). Dans le cas contraire, le stress généré par les émotions refoulées sera partiellement éliminé par l’intestin, ce système d’élimination à tous les sens du terme. Saviez-vous d’ailleurs qu’à l’origine, « Comment ça va ? » signifie « Comment allez-vous à la selle ? » ?

Voilà des informations qui ouvrent de nouvelles perspectives sur notre ventre et ses richesses. Faisons confiance à l’intelligence de nos tripes. 🙂

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One Response to “Les secrets de notre ventre, ce cerveau qu’on ignore”

  1. sorelle dit :

    et voila pourquoi tout l’intestin est relié au cerveau( in teste -dans la tete n’est-ce pas ?? le s premiers anatomistes avaient bien fait le lien- qui ressemble au cerveau… cc cécile

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