26 FebDépistage du cancer du sein : la mammographie systématique n’est pas justifiée

La mammographie systematique de depistage du cancer du sein n’est pas forcement benefique.

La mammographie systématique de dépistage du cancer du sein n’est pas forcément bénéfique.
© Stefan Hellwig

« L’année dernière, cette femme a montré ses seins. Elle a sauvé sa vie », nous répètent chaque année les autorités sanitaires pour promouvoir le dépistage précoce du cancer du sein par la mammographie. Plus le cancer est détecté tôt, plus les chances de guérison seraient grandes… La réalité est sans doute différente.

Dépistage du cancer du sein : la mammographie systématique fait plus de mal que de bien

Le mieux est parfois l’ennemi du bien… Et le dépistage du cancer du sein par la mammographie dès l’âge de 50 ans n’échappe pas à la règle. Les résultats de plusieurs études convergent sur ce point comme celle de la collaboration Cochrane, un groupe indépendant de médecins et de scientifiques répartis dans 120 pays. Selon ce très sérieux document publié l’année dernière, la mammographie ne permet en aucun cas de sauver des vies et s’avère même dangereuse ! Voici pourquoi.

La mammographie permet de repérer les petites tumeurs indétectables par une palpation des seins et invisibles de l’extérieur. Or, toutes les cellules cancéreuses n’évoluent pas systématiquement en cancer. Seulement, la mammographie n’offre pas la possibilité de différencier les cancers non invasifs (in situ – « pseudo-cancers ») des cancers invasifs (infiltrants).

Résultat : par mesure de précaution, les femmes sur lesquelles on découvre un pseudo-cancer vont devoir subir un traitement lourd avec les conséquences que cela entraîne : stress, ablation partielle ou totale du sein, radiothérapie, chimiothérapie… alors qu’elles sont en bonne santé.

Tout cela pourrait être évité si les femmes disposaient d’une information de qualité sur le sujet. À ce titre, le Nordic Cochrane Centre, un centre de recherche indépendant, a publié en 2012 un dépliant sur la mammographie de dépistage du cancer du sein.

Une étude canadienne de grande envergure réalisée sur près de 90 000 femmes âgées de 40 à 59 ans pendant environ 25 ans aboutit aux mêmes conclusions (première partie de l’étudedeuxième partie de l’étude). La mammographie de dépistage ne réduit absolument pas le risque de mourir d’un cancer du sein. Elle donne en revanche lieu à de nombreuses erreurs de diagnostic. L’auto-examen des seins s’avère d’ailleurs plus efficace pour détecter un « vrai » cancer

Cancer du sein : comment l’éviter ?

Mieux vaut prévenir que guérir. Plus que le dépistage, c’est la prévention du cancer du sein qui est importante. Donc acte avec les conseils du professeur Joyeux, cancérologue et auteur de Stress et cancer du sein (éditions du Rocher, 2011) :

  • avoir des enfants avant 30 ans
  • allaiter pendant 6 mois minimum
  • éviter le cannabis
  • pratiquer un sport au moins deux fois par semaine pour limiter la prise de poids
  • prendre soin de son équilibre affectif car le stress favorise le cancer
  • réduire voire carrément éviter la prise d’hormones contenues dans les traitements hormonaux de la ménopause et la contraception hormonale (pilule, implant, anneau vaginal, stérilet hormonal, patch, contraceptifs injectables)
  • manger végétarien
  • prendre un seul produit laitier par jour en choisissant de préférence ceux à base de lait de chèvre et de brebis et laisser le lait de vache au veau !
  • s’exposer au soleil pour synthétiser de la vitamine D
  • éviter de consommer trop d’alcool avant 25 ans.

Vous pouvez d’ailleurs faire ce petit test gratuit pour évaluer votre risque d’avoir un cancer du sein : http://seins.cancer-risks.com/formulaire

Rappelons que l’auto-examen des seins est un réflexe simple et sûr à adopter. Vous trouverez le mode d’emploi ici : http://www.cancerdusein.org/le-depistage/lauto-examen-des-seins

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